L’évacuation eaux usées individuelle : le dossier complet

Publié le Mis à jour le

L’évacuation eaux usées est une problématique à laquelle doivent faire face tous les propriétaires. Notre consommation en eau quotidienne implique forcément le rejet d’eau sale ailleurs que dans la maison.

Tout d’abord il faut préciser que l’évacuation eaux usées est soumise à une réglementation très stricte qui n’autorise pas n’importe quoi. Ces dispositions ont pour but de protéger l’environnement, la qualité des sols et nos ressources en eau. Les exigences environnementales et de santé publique constituent un enjeu tel que les institutions en place ont inscrit celles-ci dans une démarche de progrès.

En outre, la loi de 2006 sur l’eau et l’environnement aquatique ainsi que la loi Grenelle I de 2009 et de Grenelle II de 2017 confirment cette volonté de protection.

En premier lieu, faisons connaissance avec la provenance de cette eau nécessitant l’évacuation eaux usées.

L’évacuation des eaux usées : lesquelles ?

Les eaux usées regroupent deux sources. En premier lieu, les eaux issues de l’activité humaine dans une maison reste le plus gros volume à traiter. C’est aussi celles qui représentent le plus de danger pour l’environnement et la santé publique.

évacuation eaux usées
De l’eau domestique à évacuer

Ces eaux domestiques sont partagées en deux sous-ensembles. Les eaux dites « vannes » sont celles en provenance des toilettes. Les eaux dites « grises » représentent l’utilisation des lavabos, des éviers et des douches. Elles sont aussi le produit de l’utilisation du lave-linge ou du lave vaisselle. Ces eaux de rejet contiennent potentiellement des micro-organismes et des produits chimiques nuisibles.

Après avoir procédé à l’évacuation eaux usées, celles-ci seront acheminées vers un centre de traitement.

Il y a aussi une petite partie du volume rejeté qui correspond aux eaux pluviales, elles aussi considérées comme potentiellement polluantes.

Pour procéder à l’évacuation de ces eaux usées, il existe deux possibilités.

Les différents modes d’évacuation eaux usées

Pour procéder à l’évacuation des eaux usées, deux possibilités s’offrent aux propriétaires. La première consiste à raccorder sa maison au réseau public appelé également « tout à l’égout ». Cependant, ce raccordement n’est pas toujours possible. Dans les régions reculées, il n’y a pas de réseau public. Il faut donc envisager une autre solution de type assainissement non collectif.

La délimitation des zones couvertes ou non par le réseau public est à la charge des communes. Dans cette réflexion, les institutions doivent privilégier le recours au réseau public. Pour ouvrir le réseau public à la population, la commune doit compter au moins 2000 habitants et posséder une zone d’activité économique suffisante.

Voici maintenant les différentes solutions d’assainissement non collectifs possibles.

L’évacuation eaux usées en toute autonomie

Une installation d’assainissement non collectif doit assurer 4 fonctionnalités. En premier lieu, elle doit collecter les eaux usées. Une opération de prétraitement doit avoir ensuite lieu suivie de l’épuration des eaux usées. En dernier lieu, ces dernières sont rejetées dans un cours d’eau ou infiltrées dans le sol.

évacuation eaux usées
Le pluvial fait aussi partie de l’évacuation des eaux usées

Il existe deux types d’assainissement autonome. On les appelle « filières ». La première est la filière traditionnelle. Ces dispositifs utilisent le sol en place ou éventuellement un sol reconstitué.

La seconde filière est dite « agréée ». Il s’agit d’une démarche plus industrielle et plus récente. Les filières agréées sont aussi plus compactes, comme la micro station d’épuration, qui effectue toutes les opérations.

Etudions maintenant de plus près ces différentes filières d’évacuation eaux usées autonomes.

Les filières traditionnelles

Une filière traditionnelle pour l’évacuation des eaux usées rassemble plusieurs techniques de filtration. En premier lieu, ces filières ont besoin de disposer en amont d’un dispositif de prétraitement installé dans une fosse recevant tous les types d’eaux usées. Ces filtres de prétraitement peuvent revêtir plusieurs formes. Un filtre à sable, un lit d’épandage ou un tertre d’infiltration sont des solutions à retenir.

Une filière traditionnelle n’utilise pas de motorisation pour assurer son fonctionnement.  Elle est parfaitement autonome sauf en cas de recours à une pompe de relevage. Cette dernière est nécessaire lorsque la pente du terrain n’est pas suffisante pour permettre l’écoulement naturel des eaux usées vers l’installation de prétraitement.

En outre, l’installation, le fonctionnement et l’entretien d’une filière traditionnelle sont soumis à réglementation. (norme AFNOR NF DTU 64.1 d’août 2013).

Les filières agréées

On appelle « filière agréée » tous les dispositifs entrant dans le cadre légal de l’arrêté du 7 septembre 2009 encadrant les dispositifs d’assainissement individuels. Ces procédés sont validés par le Ministère de l’Environnement et de celui de la Santé.

L'évacuation des eaux usées
Les filières agréées

Tout d’abord il faut dire que ces systèmes d’évacuation des eaux usées et de leur traitement sont plutôt préconisés pour une surface disponible d’implantation réduite. Le nombre de ces filières est très important. On dénombre plus d’une centaine de références disponibles. Il faut dire aussi que parmi toutes ces filières, certaines ont déjà fait preuve de leur efficacité. D’autres, plus récentes, ne bénéficient pas du même recul positif. En tout premier lieu, il faut donc prendre plusieurs avis et consultez différents prestataires et comparer les performances des systèmes proposés.

Il existe 4 sortes de filières agréées.

Les filtres compacts

Pour fonctionner, un filtre compact doit d’abord être précédé d’une fosse toutes eaux qui va recueillir aussi bien les eaux usées de la maison que le pluvial. Ces dispositifs sont réalisés à l’aide de matériaux facilitant l’éclosion de bactéries. Celles-ci vont procéder à l’épuration des eaux usées.

Prenons le cas du filtre coco qui est sans doute un des meilleurs exemples. Il s’agit d’un système complètement écologique de traitement des eaux usées. En premier lieu, l’évacuation eaux usées se fait d’abord vers la fosse toutes eaux. Un premier traitement s’opère alors. Par un phénomène d’absorption, les eaux usées sont conduites jusqu’au filtre coco. Là, les bactéries aérobies contenues dans les copeaux de coco vont épurer l’eau en stagnation. En dernier lieu et une fois propre, celle-ci est rejetée dans la nature ou bien s’infiltre dans le sol.

Il existe d’autres dispositifs dans la filière « filtres compacts » pour l’assainissement autonome. Le filtre à sable ou le lit d’épandage fonctionnent sur le même principe de bactéries nettoyeuses.

Le traitement écologique constitue un des grands avantages de la filière « filtres compacts ».  En revanche ce type de procédé reste assez onéreux.

Les micros-stations

Les micros stations d’épuration individuelles ont vu le jour il y a une trentaine d’année en Europe du Nord.

Une micro station solido
Une micro station Solido

Avec l’installation d’une micro station d’épuration, plus besoin de fosse toute eaux. L’évacuation eaux usées se fait directement dans le dispositif qui assure à lui seul le prétraitement et le traitement des eaux usées.

Il existe deux types de micro station. Celles dites à « culture libre ». Ce modèle utilise la boue comme support pour abriter les bactéries. La seconde est appelée à « culture fixée ». Elle utilise un matériau qui a la faculté de fixer les bactéries en grand nombre.

La micro station d’épuration à culture fixée est un système plus souple à utiliser. Il s’accommode mieux des changements de volumes d’eaux à traiter. Ainsi, cette solution sera plus retenue dans un foyer où le nombre de résidents est fluctuant.

Fonctionnement d’une micro station d’épuration

Une micro station d’épuration n’est pas considérée comme un moyen d’évacuation écologique des eaux usées et de leurs traitements. Cette solution utilise de l’énergie pour fonctionner.

Une micro station d’épuration se présente sous la forme d’une grande cuve à plusieurs compartiments. Ces cuves sont réalisées en béton, en polyéthylène ou en polyuréthane. C’est dans ces réceptacles que vont s’opérer les différentes opérations de traitement et d’évacuation des eaux usées.

Le principe de fonctionnement d’une micro station repose sur 3 étapes successives.

Dans un premier temps, une intervention de prétraitement s’opère. Elle a pour but de séparer les éléments solides du liquide collectés dans les eaux domestiques. C’est dans ce même compartiment que seront conservées les boues générées par la deuxième phase de traitement.

L’eau séparée des particules solides passe alors dans le second réceptacle pour y subir un second traitement. Ce compartiment est dénommé « Réacteur biologique ». Un générateur d’air entre alors en action. Sa mission est d’aérer suffisamment le liquide pour faire pénétrer des bactéries aérobies. Ces particules s’attaquent aux éléments polluants pour les éliminer. Cette activité d’épuration engendre de la boue (stockée dans le premier compartiment). L’eau ainsi traitée pourra alors être évacuée vers l’extérieur.

Cette évacuation pourra s’opérer par infiltration dans le sol ou par irrigation des végétaux. Il est également possible de rejeter ce liquide épuré dans un cours d’eau pour peu que celui-ci soit disponible à proximité.

Pour se faire, une étude obligatoire menée par le SPANC (Service Public d’Assainissement Non Collectif) peut valider cette solution.

Quels sont les avantages apportés par une micro station d’épuration ?

La micro station représente plusieurs avantages qui séduisent les propriétaires ne pouvant pas se raccorder au réseau public d’assainissement.

Ces solutions ont un encombrement minimal et ne nécessitent pas une surface très importante pour être installées (pas plus de 10 m2). Les machines récentes sont très silencieuses et ne dégagent aucune odeur.

micro station Solido
Une micro station ne peut pas être installée à proximité d’une source d’eau potable

Pour autant, installer une micro station d’épuration individuelle est soumise à une législation très rigoureuse qui n’autorise pas n’importe quoi. Votre terrain peut faire partie d’une zone dite « sensible ». Il faudra donc encore une fois demander l’aval de l’autorité compétente en la matière avant de retenir cette technologie.

Une zone sensible est définie par le risque de contamination possible de l’eau environnante. Ainsi les endroits où l’on capte de l’eau potable (même les puits), les zones d’élevage de coquillages (conchyliculture) et la proximité d’étendue d’eau dédiée à la baignade sont considérées comme zones sensibles.

Il existe des modèles de micro stations qui sont constituées de deux cuves séparées. La première remplie la fonction de fosse toute eaux. Cependant, elle doit être vidangée lorsque le niveau de boues stockées atteint les 30% de la capacité du réceptacle.

Installation d’une micro station

La mise en place d’une micro station est une intervention qui peut se faire en une petite journée de travail. En amont de cette installation, il faut veiller à ce que le sol soit bien stable et également perméable. Il faut aussi tenir compte du fait que votre micro station d’épuration doit être enfouie suffisamment profondément. La hauteur de terre la recouvrant doit être au minimum d’un mètre. Il convient donc de s’assurer que la nappe phréatique soit suffisamment profonde avant travaux.

Le terrassement nécessaire à l’enfouissement du système peut être réalisé par vos soins. En revanche, il vaut mieux faire appel à un professionnel pour la pose de micro station (branchement et raccordement électrique).

La zone d’implantation de la micro station doit respecter des règles précises.

Elle ne doit pas être installée à moins de 3 mètres de la maison ou d’un bâtiment. Cette distance de séparation est également valable pour les limites de la propriété et la proximité éventuelle du trafic routier.

Le remblai servant à combler la fosse où se trouve la micro station est aussi d’une nature spécifique. Il doit pouvoir résister au cisaillement et ne pas contenir de petits objets pointus de nature à endommager le système. Il doit également être facilement compressible, résistant au gel et perméable. Des gravillons de taille 2/4 ou 4/6 constituent le remblai idéal.

Entretien de votre micro station d’épuration

En premier lieu, il convient de souscrire un contrat de maintenance auprès d’une entreprise agréée pour effectuer les visites de contrôle sur votre micro station d’épuration.

Entre deux visites, si l’utilisateur est averti d’un dysfonctionnement de la micro station par alerte sur le panneau de commande, il doit immédiatement prévenir l’entreprise en charge de la maintenance du système. Aucune intervention ne doit être effectuée par l’utilisateur.

Chaque année, la visite de contrôle permet de vérifier plusieurs points cruciaux. Une inspection des pièces fonctionnelles est mise en oeuvre. Des vérifications d’ordre fonctionnel sont également menées sur la micro station, de même qu’un contrôle du volume traité sur le journal d’exploitation.

Cette intervention de contrôle annuelle et tous les points vérifiés sont consignés dans ce journal d’exploitation.

Pour en savoir plus sur l’évacuation eaux usées et les systèmes existants pour procéder à l’assainissement individuel, consultez le site d’un professionnel du secteur, aqua-environnement.fr.

Aqua Environnement
675 Chemin des Petites
31620 Castelnau d’Estrétefonds
TEL : 06 31 99 83 45
aqua-environnement@laposte.net

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